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kubaCrise de Cuba 2.0

Montée exponentielle du nombre de morts, nourriture en quantité limitée, répression étatique. Cuba est en crise, Dieu est à l’œuvre.

Moises de Prada, président de la fédération pentecôtiste de Cuba écrit : « La situation à Cuba est très critique, la montée de la pandémie exponentielle et le nombre de mort grimpe tous les jours. »

En chute libre
Mais cela ne fait que souligner la misère du pays. De Prada poursuit : « La réorganisation du système financier par le régime est un énorme chaos qui a apporté une inflation encore jamais vue. La nourriture se fait de plus en plus rare. Les gens font la queue dans des files à n’en plus finir, parfois toute la journée devant les magasins pour mettre la main sur quelque chose de comestible. À cela s’ajoute encore la répression de la police. La population est en colère, l‘ambiance est explosive. Cette situation ne fait que renforcer la haine envers le régime. » Voilà l’environnement dans lequel ACP s’investit à Cuba.

Une lueur d’espoir
Mais il y a aussi des choses positives à relever. Les évangélistes que nous soutenons, et parmi eux les membres du groupe de jeunes Sendas (chemins), sont activement en mission : ils lancent des actions de rue, distribuent de la nourriture et des articles d’hygiène, visitent les aînés, les veuves et les malades directement chez eux et répandent la Bonne Nouvelle au travers d’aides pratiques, et avec, un peu d’espoir.

Notre centre de désintoxication de Guanabo, à environ 30 km de La Havane, la capitale, a déjà été pour de nombreux alcooliques la clé de sortie vers une nouvelle vie. Juan et Yvonne, les responsables du centre, font preuve d‘une forte motivation sociale et évangélisatrice. Au début, ils se sont retrouvés seuls car leur centre n’était pas connu. Ils sont donc allés dans la rue à la recherche de ceux qui pourraient avoir besoin d’eux. Ils les ont trouvés dans les caniveaux – sales, saouls, brisés, oubliés. Aujourd’hui, tout le monde dans le coin connaît notre centre et les dépendants frappent à la porte pour commencer une nouvelle vie. La plupart sont alcooliques, certains, toxicomanes. Malheureusement, nous ne pouvons accueillir que 10 personnes à la fois. Nous espérons pouvoir en accueillir davantage grâce à une nouvelle construction. Les besoins sont énormes.

Les curistes sont contraints de prendre part aux activités quotidiennes comme les cultes du mercredi et du dimanche, car au final, seul Jésus peut les libérer et les guérir. Sans lui, la chance de se sortir de la dépendance est très faible. En 2020, quatre hommes ont été baptisés et quatre autres en février 2021. Ainsi, huit « nouveaux » citoyens ont pu retourner auprès de leur famille ; des familles qui leur avaient alors tourné le dos. Rolando est l’un d’entre eux.

Un dépendant parmi d’autres
« Je m’appelle Rolando, je suis marié et j’ai deux enfants. Avant, j’étais très mauvais dans ce rôle. Je travaillais comme maçon. C’est là que j’ai appris à boire.
Je suis rapidement devenu alcoolique parce que j’étais entouré presque exclusivement de dépendants. Alors que je rentrais saoul à la maison, j’ai envoyé ma femme à l’hôpital. Cela m’a coûté deux mois de prison et la perte de mon emploi. Après ma libération, je suis retourné à la maison pour m’apercevoir que ma femme et mes enfants avaient disparu. Cela m’a entraîné encore plus profondément dans l’alcoolisme. Durant les deux années qui ont suivi, je ne vivais pour ainsi dire que de l’alcool que je buvais.

Et puis j’ai rencontré Juan. Il m’a embarqué au centre de désintoxication. J’ai pensé : ‹Super, ici j’ai un lit et à manger et je peux continuer de boire.› Mais au final, c’était tout autre. Juan et son épouse parlait tout le temps d’un Jésus. ‹Des contes de fées›, fut ma première réaction. Mais j’ai observé les autres hommes de notre groupe qui étaient là depuis plus longtemps. Ils étaient eux aussi tombé dans l’alcool, mais ils étaient ‹sobres›. En plus, ils priaient et travaillaient assidus à la ferme qui appartient au centre, prenaient soin des animaux et des plantes et récoltaient les bananes.

Cela m’a amené à réfléchir. Lorsque Juan m’a demandé comment il pouvait m’aider, j’ai été très touché. Personne ne m’avait jamais posé cette question. Je lui ai raconté toute mon histoire et exposé mon souhait de retourner auprès de ma femme et de mes enfants. Juan m’a dit que j’avais besoin de l’aide de Jésus. Mais il a encore fallu quelques semaines avant que je ne parvienne à prendre une décision. La liberté de mes copains m’a mis au défi, je la voulais aussi. Finalement, j’ai abandonné ma vie tout abîmée à Jésus.

Cela ne s’est pas fait en une nuit, mais aujourd’hui, je suis propre, en bonne santé et je me suis fait baptiser. Et ce qui m’enthousiasme le plus, c’est que Juan a appelé ma femme, elle est venue me voir avec les enfants. Je lui ai demandé pardon et ils m’ont pardonné. Seul Dieu peut faire de telles choses. Mon cœur a failli exploser de joie. Faire confiance à Jésus pour ma vie a été la meilleure décision que j’ai pu prendre. Jésus est mon Seigneur ! Je Le suivrai pour le reste de ma vie. »

Dieu apporte la lumière dans les ténèbres, libère les prisonniers, et redresse ce qui est tordu. Nos crises sont des possibilités pour Dieu.


Massimo Raphael Garcia, ancien curiste, raconte son expérience dans ce court reportage :

CUBA  Entre le cimetière et la gare : Centre de désintoxication à Cuba