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thailand verstummt webThaïlande : parti trop tôt

Il aimait les gens et voulait leur partager ses expériences avec Dieu. Mais plus personne n’entendra désormais la Bonne Nouvelle de sa bouche.

Pasteur Pramot Yaphalang est mort à mi-janvier à seulement 59 ans. Au service de Jésus depuis 1982, il avait implanté avec son épouse Nang une église dans la province de Ubon Ratchathani, en Thaïlande. Cet engagement n’a pourtant rien à voir avec sa nature originelle. Laissons le pasteur Pramot nous raconter son histoire à titre posthume.

Une vie dénuée de sens « J’ai grandi dans une famille bouddhiste. Comme la plupart des jeunes du nord-est, je suis parti à Bangkok après la 4ème année scolaire pour chercher du travail dans une usine. J’ai travaillé dur, gagné un peu d’argent, mais sous l’influence de mes amis, j’ai sombré dans les griffes de l’alcool et d’autres vices. Ma vie était stressante et n’avait aucun sens. J’ai tout fait pour de l’argent : des incendies criminels aux meurtres commandités. »

Dernier contrat d’assassinat « Lorsque mon père est mort, je suis retourné à la maison. Là, j’ai appris qu’avec sa mère et sa femme, un chrétien nouveau-venu avait prêté assistance à ma famille. Il avait aussi parlé de sa foi à mon père et l’avait accompagné lors de son décès. Lors de l’enterrement, ces chrétiens se tenaient aux côtés de ma famille bien qu’ils ne soient ni parents, ni même thaïlandais. Après la cérémonie, un homme influent de notre village s’est mis à ma recherche et m’a mandaté pour assassiner les chrétiens – avec la bénédiction des moines tibétains. En effet, celui-ci était communiste et voulait provoquer la discorde au village. »

La conversion au lieu du meurtre « Donc, un dimanche, avec un ami nous nous sommes rendus à l’église avec une arme cachée sous ma chemise. Pendant que je faisais mine d’écouter la prédication avec recueillement, j’attendais le bon moment pour abattre le prédicateur. Mais quelque chose de bizarre s’est produit : des larmes coulaient sur mon visage, mon cœur et mes genoux étaient tout faibles. Tout cela m’était totalement inconnu, à moi, le dur gaillard. Mon attention devint soudainement authentique, et quand le sermon fut terminé, je me décidai à devenir chrétien. »

Une école biblique pour de nouveaux horizons « Ma vie a été radicalement chamboulée. Une paix inhabituelle m’a aidé à renoncer à mes vices et mes addictions. J’ai commencé à aimer les autres gens et découvert le souhait de leur partager ce que j’avais vécu avec Jésus. Pour faire court, un feu brûlait en moi, en particulier pour les jeunes. Ainsi, de 1984 à 1986, j’ai enseigné chaque dimanche à des centaines d’enfants et d’adolescents. Mais je me suis heurté à mes limites. J’ai remarqué que je devais approfondir mes connaissances afin de pouvoir enseigner aux autres. »

« J’ai donc rejoint l’école biblique en deux ans de Khon Kaen, gérée notamment par ACP. Après un stage, je suis retourné dans ma ville d’origine. Et bien mieux équipé tant dans la tête que dans le cœur, mon ministère a vraiment démarré. Je n’ai cessé de donner le meilleur pour le Seigneur. »